Gérer l’équilibre Yin et Yang

Selon  moi, le client donne autant au consultant que le consultant donne au client.

Le client reçoit des conseils, le consultant donne  des conseils. Energie  d’échanges entre un émetteur et un récepteur,  autour d’un point commun : l’habitat. Le client dans son vécu, le consultant dans  son observation. Ce n’est pas seulement un rapport de prestation mais un accompagnement.

La qualité d’un consultant est d’écouter le client, son histoire, ses projet, ses questionnements, ses difficultés.

Ce qui m’ébahit toujours, c’est de voir comment une phrase résume non seulement l’état d’esprit de la personne mais aussi le feng shui d’une pièce, son positionnement, la vibration cardinale qu’elle reçoit : nord, sud, ouest, nord-ouest…Avant même de regarder un plan, de l’analyser de fond en comble, des petites phrases-clés sont révélatrices.

«  je veux bien recevoir mais je ne veux pas me laisser envahir » pour un salon au nord-est

« j’aime bien mettre les petits plats dans les grands » pour une salle à manger au sud

« avec les gens je suis pas mal relation kleenex, je prends, je jette » pour un salon au sud, sud-est

Par exemple la lumière du nord-est baigne la pièce de son empreinte, sa personnalité et donne subtilement de façon omniprésente une directive. « Avec moi le nord-est dans ton salon tu vivras tes relations sociales de cette façon ! je veux bien recevoir mais je ne veux pas me laisser envahir »

Etonnant ? Fascinant ? Logique et réelle pour un consultant.

Un maitre a dit : «…une pensée devient un acte, un acte devient une habitude, une habitude devient un comportement …» C’est vrai ! J’ai observé combien le déséquilibre vient d’abord  de la façon avec laquelle on pense. Je  continue d’affirmer que l’image de notre habitat est le reflet de nous-mêmes et de nos pensées colorées, mornes ou grises.

On recherche tous le bien-êtrel’équilibre, le bonheur, la joie de vivre. On s’y emploie plus ou moins mais on souhaite tous la même chose. On est tous d’accord de dire que lorsqu’une situation a trop duré, elle laisse ses marques. Physiques, émotionnelles, psychiques. Un dérèglement se crée inévitablement et engendre un comportement de compensation,  pour contrer la personne, la situation. Bref, on s’adapte…par la force des choses. Il en est de même pour un habitat.

On s’adapte car tout n’y est jamais parfait. Mais comme rien n’est parfait c’est idéal, cela nous donne l’occasion de changer, de améliorer. On vit avec. On en est même esclave. Si ! si ! Esclave car on le maitrise pas. Que l’on sorte d’une chambre trop sombre car  l’arbre d’en face nous mangeait  toute la lumière, ou que l’on ait manqué d’une terrasse, que l’on ait subi le blanc du mur que le propriétaire n’acceptait pas que l’on repeigne ou le paternel qui ne voulait pas que l’on ferme la cheminée parce que celle-ci lui rappelait lui-même son paternel… !

Qu’elles que soient les raisons, volontaires ou involontaires, conscientes ou inconscientes dés qu’on en a l’occasion on dit : « assez ! je veux changer ça ! » et on ne va vouloir qu’une chose : compenser tout ce que l’on a pas eu à l’inverse.

L’impulsion du changement est là, l’action aussi tant mieux. Mais sur quelle socle se fait-elle, sur quelle fondation ? Sur le ras le bol d’excès ! Si on a manqué par exemple de 50 % de lumière naturelle, on voudra dans la prochaine maison au minimum récupérer ces  50% et mon observation m’a confirmé qu’à cause du  déséquilibre on en voudra encore plus ! Mais que fait-on dans ce cas là ? On va vers un autre excès. Juste opposé. En nous s’est installé un faux signal. On croit rétablir la situation…

au mur trop pâle trop pâle de la chambre à coucher on voudra lui donner un coup de fouet : orange, fuchsia, rouge peut être

aux fenêtres trop petites on voudra compenser par de grandes baies vitrée

aux façades exposées nord, nord-ouest, nord-est toute l’année, on voudra du soleil, de la lumière et on ne pensera à chercher une maison orientée uniquement plein sud

aux plafonds trop bas, revêtis d’une matière en bois ancienne, ou d’une couleur foncée on voudra de l’air, de l’espace et on cherchera des pièces aux plafonds bien hauts.

Que ce soit la taille de l’habitation, des pièces, la lumière ou les couleurs on devra apprendre à doser chacun, pour retrouver un équilibre et éviter de recréer un autre déséquilibre.

Ce phénomène de compensation, de complémentarité, d’opposés, ne sont que les  deux faces d‘une même pièce. Le vide appelle le plein, le plein appelle le vide. Nuit/jour, lumière/obscurité, joie/tristesse, lenteur, rapidité, amour/haine, rouge/vert, eau/feu…etc.

On parle de maison, d’environnement, de feng shui mais avant tout d’un processus.  Et ce processus s’applique partout. Pourquoi ? Car c’est la façon de penser qui déterminera la suite.  Il en va de même dans l’éducation. Par exemple : qui n’a jamais dit : «  ah ça ! crois moi je ne ferai  jamais  comme mes parents ont fait avec moi ! mes enfants ils auront… »

On a l’impression de rectifier le tir, mais avec une réaction  de colère, de frustration. L’espace neutre qui permettrait de changer ‘la chose’ est en total déséquilibre. Appelons le : un centre. Ce centre est vide, chaotique, encombré. On ne pourra pas s’y placer pour y raisonner calmement en toute équanimité. Alors on réagira avec son contraire. Le jour ou la même situation se représentera via nos enfants, celui qui réagira en nous sera l’enfant que l’on était. Evidemment. Les comportements d’adultes sont les mêmes que dans une cour de récréation, observez-bien.

Alors ! que ce soit notre habitat qui nous aie pesée, que ce soit le plafond bas ou la couleur blanche de la chambre, ou le comportement de notre père enfant, ou une sévérité de la maitresse d’école…nos réactions et nos choix sont fortement influencés par ces déséquilibres, qui se sont infiltrés dans notre environnement personnel et qui nous ont privé de quelque chose. C’est dans ce quelque chose qui n’a pas été présent qu’il faut aller voir. Aller chercher la graine de semence, la goutte blanche ou noire du Taichi en photo, qui poussera vers l’autre tendance, en douceur, dans un renouveau que l’on saura recevoir car il sera guérisseur, on saura l’accueillir car on aura au préalable identifié le grain de sable. On se laissera apprivoiser par l’idée du changement, à chacun son rythme. On s’en remettra enfin à autre chose et on remettra cette partie de nous marquée par l’excès, on apprendra à la lâcher pour faire place à autre chose.

Le feng shui est un outil extraordinaire qui combine beaucoup de choses.

Quand on pousse plus loin, chaque bout de connaissance, chaque détail renferme une mine d’or.  On découvre une terre d’aventures à explorer, à nettoyer, à réorganiser, à pacifier. Sa maison, son chez SOI.  Et le feng shui devient un outil de découverte et d’apprentissage de soi.

Moi-même j’ai déménagé 14 fois dans ma vie, depuis ma naissance ! Aussi loin que je puisse me souvenir des maisons que j’ai habitées, chacune m’a toujours présentée une trame logique. Il y a des aspects que j’ai du améliorer plus que d’autres, mais j’ai TOUJOURS retrouvé en chacune exactement le fil conducteur de ma personnalité avec les points forts et les points faibles. Le jour ou j’aurai expérimenté et compris alors je passerai à autre chose. Bonne nouvelle : c’est en cours.

A bientôt !

Cécile Maire.

www.decoretsaison.be