Femme libérée… surbookée

Je ne suis ni anthropologue, ni ethnologue, mais un petit survol des informations issues de ces disciplines sera extrêmement intéressant pour aider à appréhender la situation relationnelle des femmes et des hommes dans notre société contemporaine.  Une meilleure perception des climats du passé ouvre la possibilité d’un autre regard, d’une plus large compréhension des états actuels, tant sur le plan des hommes que sur celui des femmes.

Ce chemin de vie qui différencie les sexes, mais aussi les origines sociales, philosophiques, psychologiques ou religieuses, permet de se faire une idée plus large que « la simple différenciation des sexes » et de tout ce qui les oppose.

Depuis deux ou trois millénaires, notre société sort pas à pas d’un état patriarcal qui régentait notre vie.

Il n’est pas inutile de rappeler que cet état avait été précédé d’une longue période de règne de la déesse-mère, comprise entre le paléolithique et 2500 à 3000 ans avant notre ère. Certains préconisent que cette déesse-mère serait la mère de tous les Dieux. Cependant, on ne parle pas de matriarcat, mais de cette prédominance féminine manifestée dans ses aspects spirituels et occultes.

Faisant suite à cette longue période, le patriarcat pourrait être perçu comme une réaction virile des hommes, utilisant la force pour s’affirmer. Il semble se situer à l’âge de bronze et l’avènement du commerce des métaux. Empêchées par leurs maternités, les femmes laissaient le soin des travaux extérieurs et lourds à la charge des hommes. De plus, la femme s’occupant de la famille et des enfants, il importait à l’homme de protéger physiquement cette famille, les biens, leurs richesses.

L’émergence des Dieux masculins et des religions monothéistes semble avoir radicalisé cette notion patriarcale. Associé à l’ancien testament, le patriarche régissait un territoire important qu’il soumettait à sa justice de chef de famille et du clan. Au plan biblique, ce sont les personnages avec qui « Dieu aurait scellé une alliance » pour créer une grande nation et engendrer le peuple juif. Ils sont naturellement considérés comme étant « les pères de notre civilisation ». Nous parlons de personnages tels Adam – Enosh – Mathusalem – Noé – Sem – Abraham – Moïse ou David.

La société est alors entrée dans une phase de pouvoir ou état patriarcal, qui fonctionnait au travers de la dominance de l’homme et de la soumission de la femme ! Au cours de sa période contemporaine, il s’est renforcé par ce concept de « l’oppression des femmes ».

Il est intéressant de constater que ce basculement du matriarcat vers le patriarcat est né de l’émergence des conceptions monothéistes et il a grandi avec l’installation de ces nouvelles religions.

Il est néanmoins utile d’observer les origines de cette prise de dominance des hommes, tant dans leurs perceptions, qu’en rapport d’une forme d’opposition du vécu « matriarcal » dans le passé.

Ensuite, dans la période de libération qu’elle traverse, il sera intéressant de réaliser les craintes qu’elle ressent de voir se restreindre ses droits légitimes, voire d’empêcher ses attentes dans ses expressions nouvelles.

Evoluer ne se satisfait pas d’une simple décision mentale, même lorsqu’elle est soutenue par la volonté forte et puissante de se sortir des schémas du passé.  Elle est en phase de découverte de la liberté et de l’autonomie.

L’autonomie ou la liberté représente le fait :

  • de pouvoir établir les règles soi-même ;
  • de ne pas devoir obéir à des ordres venant de l’extérieur ;
  • de déterminer soi-même ses propres choix de comportements et de vie en ouvrant la porte à l’autonomie de l’être au sein d’une société, d’un groupe ou d’une famille ;
  • de se libérer des soumissions, des dépendances et des contraintes.

Ces beaux projets n’empêchent pas de pouvoir être confrontés aux pressions inconscientes qui sont inscrites au plus profond des êtres.

A l’extérieur, ces luttes intérieures se manifestent au travers des dualités. Celles-ci sont l’expression de la différence qui existe entre les désirs voire même les expressions ou actions manifestées en première intention, les tensions, les pressions, les réactions qui vont apparaître de manière souvent inconsciente en seconde vague, d’autre part. C’est ainsi que l’on peut décider de sa manière d’agir ou de s’exprimer, afin de se rendre compte que l’on a dit ou fait le contraire sans s’en rendre compte et sans pouvoir s’en empêcher !

La femme de l’an 2000 est confrontée à des désirs et à des devoirs. Les désirs longtemps inassouvis, les frustrations contenues, incitent à se projeter, pour certaines, dans une sorte d’euphorie qui engendrent des excès. Les vivre est parfois nécessaire mais il est important de pouvoir rapidement chercher un nouvel équilibre pour éviter que les « pouvoirs » ne cherchent à nouveau à basculer. Cette phase est déjà largement en cours et c’est très bien.

L’ouvrage auquel mon propos actuel fait référence, s’attache à énoncer ces différentes « listes » de désirs et de devoirs qui alimentent ces dualités qui donnent le sentiment que notre société « va très mal ». A mon humble avis, cela est faux, même si l’impression existe. C’est en fait le manque de repère, le manque de modèle de cette nouvelle aspiration qui se déroule, il faut le préciser, sur un laps de temps très court au plan de l’évolution humaine.

La femme surbookée, va devoir apprendre à demander, à partager, à (re)faire confiance. Un temps est nécessaire pour apprivoiser et gérer toutes ses nouvelles options de vie.

Les charges n’ont pas diminué, mais les projets ont augmenté avec les nouveaux droits et les nouveaux désirs.

La vie déboule de façon invraisemblable : Le temps semble s’écouler de plus en plus vite : La somme des informations à gérer augmente elle aussi : Le stress est proportionnel à l’ensemble de tous ces paramètres !

Dans ce contexte, la femme va devoir organiser tous ces aspects en même temps qu’elle doit gérer sa propre recherche, son évolution, ses démarches personnelles vers un mieux-être et la libération des perturbations du passé.

L’ère du verseau représente l’émergence de « l’individualité », mais également, je pense, le temps du partage et de l’harmonie

La femme va devoir apprendre (re) faire confiance « à l’autre » et à déléguer au père, aux enfants, à l’aide extérieure, etc.

Pas facile pour elle qui a toujours dû porter l’ensemble des situations vécues par les enfants, la scolarité, le ménage…

Après le matriarcat, après le patriarcat, je propose

« l’harmoniarcat » !

 

Alain Fournier. (Coach énergétique & holistique)

Ce texte est issu de l’ouvrage « Femme libérée…surbookée » qui est disponible sur le site de la nouvelle édition www.alfo-editions.be , livres et Ebook, que j’ai le plaisir de représenter en tant qu’auteur et éditeur.

Lectures et sites conseillés :

Chronologie du statut de la femme – Wikipédia

Elisabeth Badinter, L’amour en plus, Ed. Flammarion

Françoise Gange, Avant les Dieux, la Mère Universelle, Ed. Alphée